
Parfois (je dis bien, parfois), je comprends tous les mots (même ceux en suisse-allemands) d'une phrase mais je ne comprends pas son sens.
C'est comme cette fois où la caissière du supermarché ne trouva pas le prix sur un article à environs 30chf et me demanda (en allemand) de le payer à la caisse centrale! je pensais ne pas comprendre car cette caisse est si proche de la sortie et si loin de la caissière.... vous voyez où je veux en venir. Ça revient quasiment à nous offrir l'article le plus cher du caddy!
Parce que je suis l'honnêté incarnée, j'ai regardé, avec des yeux d'ahuri, la caissière qui s'est finalement levée de son fauteuil pour aller elle-même à la caisse principale.
J'avais l'air de la dernière des idiotes même si, victoire, je commence à comprendre ce qu'on me raconte!
Le décalage est donc culturel : en Suisse, on ne vole pas et on fait confiance aux clients (même aux français).
Alors, quand G. me dit, il y a "une ferme au bout de cette rue"... je pense ne pas bien comprendre.... mais je maitrise de mieux en mieux mon regard d'ahuri (question de fierté).
Je m'inquiète tout de même de mon état intellectuel car G. parle français mais plus grave encore elle est française. Nous devons normalement avoir à peu près les mêmes références culturelles. Pourquoi, est ce que je ne comprends pas?
Elle doit-être en Suisse depuis trop longtemps (là, c'est sûr, elle va me tuer en lisant ça!)
Il faut quand même aller voir de quoi elle parle. On s'enfonce avec C. qui n'a pas peur de l'aventure (toute relative, je vous l'accorde) dans cette rue. C'est grosse rue assez moche est au commencement assez résidentielle puis ressemble de plus en plus à l'idée qu'on se fait de la banlieue avec de petites tours pas très propres (à l'échelle d'une banlieue française, c'est hyper clean... mais nous nous "suissitons" et nos valeurs évoluent).
On demande notre chemin, tellement la destination nous parait curieusement inaccessible. La première fois, nous passons pour 2 allumées (une ferme : n'importe quoi!) mais la seconde fois, une dame nous propose de monter dans sa voiture et nous dépose 200m plus loin (qui a dit que les suisses étaient repliés sur eux même). C'est juste derrière la bute.
Et là : un champ, une vue dégagée et 4 maisons au milieu.


Des pommes, des pommes de terres, des œufs et un distributeur de lait en vente 24/24h et 7/7j et en plus la machine rend la monnaie (bein, oui : c'est suisse).

C'est second distributeur de lait que nous croisons à Zurich. Le premier était à
coté de l'Université.
Pour les explorateurs : Cette ferme est à Zurich au bout de la Rautistrasse (on peut dire direction Schlieren). Nous y sommes retournés, hier dimanche et le lieu devient une vraie autoroute pour famille en mal
d'odeur de bouse de campagne.